Une nouvelle enzyme capable de dégrader le plastique marin découverte au Japon
Des chercheurs japonais ont isolé une bactérie capable de décomposer le PET en quelques semaines. Une avancée majeure qui pourrait bouleverser le traitement des déchets océaniques mondiaux.
C'est une découverte qui pourrait changer la donne dans la lutte contre la pollution plastique mondiale. Une équipe de chercheurs de l'Institut de Technologie de Kyoto a mis en évidence une nouvelle souche bactérienne, baptisée Ideonella sakaiensis 201-F6, capable de décomposer complètement le polytéréphtalate d'éthylène (PET), le plastique le plus couramment utilisé pour les bouteilles jetables.
Jusqu'à présent, les scientifiques pensaient que ce plastique, conçu pour résister aux agressions environnementales, mettait des centaines d'années à se dégrader dans la nature. Mais la nature a, semble-t-il, trouvé une parade plus rapidement que prévu.
La bactérie utilise deux enzymes uniques pour décomposer le plastique en composés inoffensifs qui lui servent ensuite de nourriture.
L'étude, publiée jeudi dans la prestigieuse revue Science, décrit comment la bactérie s'accroche à la surface du plastique et sécrète ces enzymes. La première décompose le PET en une substance intermédiaire, tandis que la seconde achève le processus, transformant le tout en acide téréphtalique et en éthylène glycol, deux composants basiques et non toxiques.
Vers une application industrielle ?
L'enthousiasme est de mise au sein de la communauté scientifique, mais les chercheurs appellent à la prudence. Le processus de dégradation reste pour l'instant relativement lent en laboratoire : il a fallu six semaines à la bactérie pour dégrader complètement un petit film de PET de faible qualité à une température de 30°C.
L'enjeu est désormais d'identifier précisément les gènes responsables de la production de ces enzymes, dans l'espoir de les synthétiser et de les produire à l'échelle industrielle. Si ces recherches aboutissent, elles pourraient ouvrir la voie à de nouvelles méthodes de recyclage biologique, infiniment plus propres que les procédés chimiques actuels.